Voyager léger avec du matériel vidéo

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« Combien de kilos pour un tournage documentaire ? » C’est une des premières questions que me posent les auteurs qui partent seuls ou en toute petite équipe. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut filmer proprement avec beaucoup moins de matériel qu’on ne l’imagine, à condition de faire les bons arbitrages avant de partir.

Tout ce qui compte doit tenir en bagage cabine

La règle que je donne systématiquement : le matériel essentiel — caméra, objectifs, cartes mémoire, disques de sauvegarde — voyage en bagage cabine, jamais en soute. Une valise perdue ou retardée par une compagnie aérienne peut ruiner un tournage prévu de longue date, alors qu’un bagage cabine reste sous votre contrôle du premier au dernier kilomètre. Cela impose de trier sévèrement : on n’emporte que ce qui est vraiment indispensable au tournage prévu, pas tout ce qui pourrait éventuellement servir.

Les batteries, un point de vigilance à ne pas négliger

Autre règle à connaître avant de préparer ses bagages : les batteries au lithium destinées au matériel vidéo sont interdites en soute par la réglementation aérienne, pour des raisons de sécurité liées au risque d’incendie. Elles doivent obligatoirement voyager en cabine, en général avec une limite de capacité par batterie et un nombre maximal autorisé selon les compagnies. Ce point mérite d’être vérifié directement auprès de la compagnie aérienne choisie avant le départ, les règles pouvant varier légèrement d’une compagnie à l’autre. Le risque justifiant cette règle, un emballement thermique pouvant provoquer un départ de feu, est documenté par l’article que Wikipédia consacre à la batterie lithium-ion.

Un trépied compact plutôt qu’un trépied de studio

Pour un tournage en mobilité, un trépied compact, léger et rapide à déployer, rend souvent plus de services qu’un trépied de studio massif, qui ralentit chaque changement de plan et devient vite contraignant à transporter sur plusieurs jours de repérage. Certains modèles se replient à la taille d’une bouteille et suffisent largement pour stabiliser des plans fixes ou de lents mouvements de caméra, l’essentiel du travail d’un documentaire tourné sur le terrain.

Ne jamais voyager avec une seule copie de ses rushes

Dès les premières journées de tournage, la question du disque de sauvegarde se pose avec urgence. Voyager avec un unique disque dur, c’est prendre le risque de perdre plusieurs jours de tournage en cas de vol, de casse ou de panne. La solution la plus simple reste d’emporter au moins deux supports de sauvegarde distincts, rangés séparément dans les bagages, et de dupliquer les rushes dès que possible, idéalement chaque soir de tournage plutôt qu’en fin de séjour.

Penser à l’assurance avant de partir, pas après un incident

Dernier point trop souvent traité à la légère : l’assurance matériel. Une caméra professionnelle, quelques objectifs et un ordinateur de sauvegarde représentent vite une valeur importante, rarement couverte par une assurance voyage classique. Vérifier les conditions d’une assurance dédiée au matériel audiovisuel, ou l’extension d’un contrat professionnel existant, avant le départ évite de découvrir une mauvaise surprise au moment où l’on en a le plus besoin, loin de chez soi.

Voyager léger n’est donc pas affaire de renoncement mais de méthode : moins de matériel, mieux choisi et mieux protégé, sert presque toujours mieux un tournage que trois caisses difficiles à surveiller. Ces choix de matériel s’articulent directement avec la question du son, qui mérite tout autant d’attention que l’image dans la préparation d’un tournage en mobilité.


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